Le savoir-faire est patrimoine : Catherine Bogrand, de la photo au tissu d'ameublement

Catherine Bogrand a ouvert sa boutique de tapissier-décorateur en 2006, au 9, rue Baratoux.

Sur le métier remettons notre ouvrage

D'abord photographe rue Houvenagle, Catherine Bogrand s'est installée en 2006 au 9, rue Baratoux comme artisan tapissier-décorateur. Une reconversion professionnelle qui n'est pas sans rappeler le métier de son arrière-grand-père ( Pierre Bogrand vendait des peaux de lapin et du tissu, de ferme en ferme, avant d'ouvrir un commerce de vêtements en 1888, place de la Poste).

Interview réalisée par Aude BRACQ

Depuis quand exercez-vous ce métier de tapissier-décorateur ?

J'ai ouvert cette boutique rue Baratoux après un CAP tapisserie d'ameublement option garniture, à Rennes, puis un stage de six mois chez un Compagnon du tour de France, à Saint-Quay-Portrieux. Puis j'ai visité cette boutique rue Baratoux, qui avait abrité un coiffeur, puis un assureur et enfin un atelier de loisirs créatifs. Je m'y suis installée le 1er avril 2006.

 

Pourquoi vous êtes-vous tournée vers la tapisserie alors que vous étiez photographe ?

La photographie évoluait vers le tout numérique et cela ne m'intéressait pas. Un bilan de compétences m'a révélé mon goût pour le travail manuel, le tissu et l'histoire de l'art. Or le métier de tapissier ne s'improvise pas : il faut du temps pour comprendre la forme des assises et utiliser les différents outils (tire-sangle, semences, ressorts, pied de biche, ciseaux à dégarnir...). Grâce à une prise en charge par la Société d'encouragement aux métiers d'art, j'ai appris avec ce Compagnon des techniques très pointues sur de très beaux meubles, comme un fauteuil " Régence " exceptionnel. Mon travail de photographe m'a aussi beaucoup aidée dans l'approche des couleurs, la vision des objets dans l'espace, la façon de concevoir une pièce dans sa globalité. Après mon CAP, je me suis formée à la décoration et aux rideaux. J'aime la tringlerie, sans doute pour son côté mécanique... Je continue de me former régulièrement et d'aller à Paris deux fois par an pour me tenir informée des nouveautés textiles.

 

Gardez-vous un souvenir marquant depuis l'ouverture de votre boutique ?

Je me souviens d'une personne très modeste qui avait hérité du fauteuil de sa grand-mère. Sa démarche m'avait beaucoup touchée car l'effort financier était exceptionnel par rapport à ses revenus. A travers les objets que l'on me confie, je pénètre un peu dans l'histoire des familles et l'intimité des gens.

 

Que diriez-vous à un jeune qui voudrait s'orienter vers ce même métier ?

Que ce qui compte, c'est la détermination et la curiosité. En Bretagne, il existe des formations aux métiers d'art à Tréguier et à Auray. Mais un CAP ne suffit pas : il faut vraiment être pris en formation chez un professionnel. Dans ce métier, il faut aussi savoir réaliser un devis, des factures, estimer un chantier, connaître les matières, les styles... Et puis, certaines tâches sont très rébarbatives, comme le dégarnissage d'un siège. On prend de la poussière plein la figure ! Alors, renseignez-vous bien avant et faites un stage de découverte chez un professionnel. Car c'est tout sauf un loisir créatif !

 

 

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3L132_1.jpg Catherine Bogrand ne s’est jamais ennuyée pendant les confinements de l’année 2020 : « Il y a toujours quelque chose à faire dans mon atelier. » Le seul souci, pour elle, vient du fait qu’elle n’a pas pu recevoir de nouveaux clients. 3L133_1.jpg 3L132_2.jpg